Après des années passées dans les Alpes, le CCC a abandonné pour un temps ses terres d'origine pour découvrir le temps d'un week-end, d'autres paysages et d'autres cailloux.
2010 sera donc l'année du sud. Après un premier rendez-vous aux Calanques, un CCC élargi s'est donné rendez-vous au pied du pic du Midi, à Barèges et la Mongie.
Arrivés vendredi soir, les différents groupes se retrouvent autour d'un joyeux apéro, avant de rejoindre raisonnablement ses pénates en prévision de la rando du lendemain, au sommet du pic du Midi. Comme toujours, le réveil s'étire, et en moins de 3h, nous voilà fin prêts.
La marche commence, à flanc de montagne et sous un beau soleil, mais visiblement, le chemin n'est pas le bon ;-) Nous voilà de retour au village... Après discussion, on décide de reprendre les véhicules et de commencer la rando par le col du Tourmalet. On est ici sur une confortable piste, plus touristique certes, mais plus appropriée à la marche pour des enfants! En contrebas sur notre gauche, un beau lac de montagne fait le beau, et nous tente avec sa turquoize éclatante. Mazette, on en oublierait presque qu'il doit faire moins de 10°C dedans...
La tranquillité du lieu est brusquement troublée par le flon-flon d'un hélico, dont les passages répétés manquent de déséquilibrer les quelques moutons qui s'acharnent à paître une herbe maigre, en équilibre instable sur les pierriers. Pas de chance, un parapente s'est écrasé au décollage, et le PGHM est là pour ramener tout ce petit monde (c'était un baptême, le/la pauvre...).
On arrive à un premier plateau, squatté par des bestiaux sortis tout droit de Tintin au pays de l'Inca, mais qui ont eu la décence de ne pas nous cracher dessus.
Commence la dernière partie de la montée, jusqu'à l'observatoire astronomique qui couronne le pic du Midi, ue montée raide dans les pierriers, sous le soleil et le regard probablement amusé des vautours qui nous regardent ramper péniblement alors qu'eux traversent une vallée entière sans donner un coup d'aile.
Au sommet, les premiers jouissent d'un repos bien mérié, avant de partager tous ensemble un bon pique-nique. Car c'est avant tout cela, le CCC! Convivialité, bonne chère, bon vin (ou autres), et activités au grand air!
Pour la descente, et pour varier les plaisirs, on décide de revenir à la Mongie par l'autre côté, donc en contournant par la gauche le tas de cailloux qu'on a laissé sur notre droite pendant la montée. Une initiative louable, et a priori peu compliquée, d'autant que le chemin est balisé. Mais c'est sans compter sur le potentiel du CCC! Voulant bien faire, Ben s'aventure en dehors du sentier balisé pour trouver un bon point de vue, et reconnaitre le chemin. Malheureusement, la troupe qui suit ne regarde pas le balisage et se contente de prendre le même chemin, tandis que de mon côté, je suis tranquillement le balisage qui me fait descendre vers un cours d'eau. Ben me rejoins finalement au prix d'une descente sportive droit dans la pente, et nous retrouvons enfin un panneau indiquant clairement '"La Mongie", notre destination. Ouf, sauf que les autres s'énervent, se blessent, et c'est un groupe passablement sur les nerfs qui se rassemble pour la dernière partie, à l'exception d'Eric, qui met les bouchées doubles pour calmer sa colère et signe en passant un record de montée du col du Tourmalet en marche rapide.
Fort heureusement, tout le monde finit par se calmer, et la journée s'achève à Barèges, où le groupe a loué un chalet, par l'intermédiaire de Carole, amie de Conception. Paul-Romain nous y attend déjà, arrivé du Nord, et nous partageons le verre de l'amitié, qui de bière, qui de wisky, sous l'oeil brillant d'Arcturus (car c'était elle).
Le lendemain, en voiture Simone, on entasse le matériel de grimpe dans les voitures, et en route pour Cauteret et le pont d'Espagne, un site magnifique, un cirque rocheux qui enserre une vallée paisible parsemée de blocs, et ou serpente un torrent, un vrai décor de livre pour enfants... Alors que nous venions à peine de tâter nos premiers cailloux, bam, on se prend pluie et grêle sur le coin de la gueule, et les dévers des blocs sont une bien faible protection.
Il en faut plus pour décourager la joyeuse équipe, et sitôt l'alerte passée, on ressort le matos et on retourne s'amuser, avant de pique-niquer au bord de la rivière. Loin au dessus, dans les pentes herbeuse, deux isards jouent à cache-cache avec les rochers.
Après deux nouvelles heures de blocs dans un brouillard épais, et avant de se reprendre une nouvelle saucée, le groupe décide de battre sagement en retraite. On ne peut malgré tout pas parler de but météo. Le soir, pour noyer notre tristesse, rendez-vous chez Louisette pour y déguster une garbure qui restera dans les annales. Tout le monde y va de son coup de fourchette, mais je crois que la palme revient tout de même à Paul-Romain et moi!
Le retour se fait sous une pluie battante, et la chanson avait raison, car sur la route, c'est la fête à la grenouille, et leur ventre pâle brille à la lumière des phares tandis que nous redescendons au chalet. Pas téméraire, et un peu engourdi par les kilos de jambonneau qui leur alourdissent le ventre, le groupe décide à l'unanimité moins une voix(deux, en fait...) de prendre le chemin de la Mongie pour passer la nuit au sec plutôt que sous la tente. Au moment de démarrer, une voix s'élève soudain pour demander: mais où est Jeff??! Excellente question, à laquelle l'intéressé ne peut répondre, car il est loin, il est tout seul, il marche sous la pluie, et il ne capte pas. Au moment de quitter le restaurant, Jeff a été tout bonnement oublié aux toilettes, et constatant avec amertume sa situation, il a décidé de descendre à pieds, dans le noir. Eric, parti en catastrophe le récupérer, l'a ramassé à moins de 500m de l'arrivée.
Lundi matin, le réveil tarde. La digestion fut longue et délicate, car le Tarbais est fourbe. Confronté une nouvelle fois à une météo peu sympathique, le CCC décide de combattre l'eau, son ennemi, en allant se délasser à Aquensis, une sorte de super-piscine à Bagnères. Hammam, sauna, jacuzzi, aqua-musique, tout le monde se donne à fond, avant de reprendre la route, après les premières séparations. Direction Tarbes, pour passer sur la résine d'Altissimo la frustration accumulée. Mission accomplie, on en ressort fourbu, et avec les crocs.
Le CCC se retrouve pour un dernier dîner au Régent, avant de se séparer pour de bon, avec la promesse de se retrouver au plus tôt sur un nouveau tas de cailloux, en compagnie d'un saucisson et d'une bonne bouteille.
Epilogue
Quoi qu'il puisse paraître, certains n'étaient pas venus déguisés en chou-fleur pour se faire brouter le cul par des lapins, et après une nuit bienfaisante chez Carole, Paul-Romain et moi mettons le cap à l'est, dans l'espoir de trouver une caillasse suffisamment sèche pour pouvoir monter dessus. Direction l'Ariège, et l'imense barre rocheuse des Quiés de Sinsat.
Au pieds du rocher, la paroi est encore plus imposante. A peu près 100m de rocher, bien vertical une fois les premiers 20m passés. Avec l'idée de faire du 5c max, nous voilà dans une 2ème longueur bien retorse, mais aux mouvements splendides... de retour à la maison, le topo livre son verdict: 6c+. De quoi me décoincer pour les prochaines grandes voies!!
Le soir, on équipe de dégaine le pont qui enjambe l'Ariège, et tentons la traversée, 20m de toit, soldés par un échec. Les bras cèdent aux 2/3 du trajet. A refaire! Dodo sous la tente, et c'est reparti pour un petit coup de voiture, pour aller tater du bloc à Orlu, à peine 30 bornes plus loin. A l'arrivée, surprise! Simon, notre ancien BE de Nantes, se gare à côté de nous! Des retrouvailles aussi sympathiques qu'inattendues, et une excellente session à la clé, grâce à la qualité du rocher, aux conseils et indications de Simon, et à une météo pour une fois bien clémente.
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